mardi 22 août 2017

Bernard Clavel 2017 Schéma pédagogique

Introduction : Plan du programme : les thèmes traités --
                               Mes fiches sur internet et Wikipedia                              


Plan    1- L’univers de l’enfance              2- Naissance d’un écrivain
            3- Clavel héros malgré lui           4- Ses engagements dans son œuvre -


 

  1- L’univers de l’enfance
« Une recréation lente de tout un univers qui a été celui de son enfance et de sa jeunesse. »Michel Ragon à « les assises de ma vision » Clavel

Image parentale ( l’autobiographie des débuts) + image du terroir (Jura, terre de mémoire)
11-  importance de l’eau : Popi/Oncle Paul et le Doubs [Annexe 12]
                                               Vernaison et le Rhône 
12-  importance du bois : Vincendon, Vernaison
« À Vernaison se trouvait un atelier où je travaillais le bois. Je rabotais avec un outil qui me vient de mon père, qui le tenait de Vincendon. Dans cet atelier, j'ai été heureux.»
Célébration du bois -- [Annexe 13]

13- L’hiver et la montagne : Album L’hiver (11/2003) [Annexe 14]
                             L’Abitibi + (L’homme du Labrador, Meurtre sur le Grandvaux)

2- Naissance d’un écrivain
21- Son éclectisme : pièces radiophoniques + articles résonances + nouvelles (la cane)
                        + articles Lecoin + contes (Vincendon) + préfaces + monographies peintres
                      L’écriture selon Clavel  [annexe 21]
22- Recours à la biographie :
à De La Grande patience à l’Espagnol  [annexe 22] + [annexe 23]

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3- Clavel héros malgré lui
31- L’homme qui dérange : au centre d’une polémique
à derrière l’écrivain et son succès : le populisme -- Les fruits de l’hiver --
à "Bons sentiments et bonne littérature" [annexe 31]
32- Du Goncourt à l’académicien
à se couler dans le moule : un académicien éphémère
à Le "mea culpa" de Bosquet -- [annexe 32]
à Le "miracle" du Seigneur du fleuve -- [annexe 33]


4- Ses engagements dans son œuvre
41- "Bernard la colère"
« Il admire les forts, les puissants et déteste l’injustice et la guerre. C’est cette faille personnelle qui nourrit son œuvre. » Maryse Vuillermet
411- Le temps de la révolte et le temps de l’action

     articles "Liberté" de Lecoin + Jeunes frères ennemis (Balzer)/Mossé Bangladesh
                                                      [annexe 412]
« J’ai tenu dans mes bras trop d’enfants mutilés ou brûlés pour entendre parler encore de guerre propre sans m’insurger. » Lettre à un képi blanc [annexe 413]
412- L’écrivain engagé : articles et préfaces – Le silence des armes – [annexe 414]
413- L’écrivain et l’écologie : Cargo pour l’enfer + Le carcajou + Maudits sauvages
         + Le silence des armes (Mignot) -- [annexe 415]


42- Entre guerre et paix
« Lorsqu’on n’a pas un tempérament de bête soumise, comment ne pas s’engager ? »

* Cent poèmes pour la paix – Hiroshima – les préfaces -- 
* Vers Les grands malheurs --
      La guerre omniprésente : l’obsession des la guerre dans ses derniers romans
                                                                                                                    [annexe 421]
      reprendre extrait(s) de l’avant-propos des Grands malheurs [Annexe 422]

Bernard Clavel peintre :

       

Grand ciel, 1944                                                Vernaison La croix du meunier 1951
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Annexes : récapitulatif
1- L’univers de l’enfance
[Annexe 11] : Le silence des armes – La mère disparue
[Annexe 12]
Au bonheur de l’eau : Popi et l’oncle Paul

[Annexe 13] Célébration du bois – Le bois
[Annexe 14]
Les éléments : l’eau et l’hiver


2- Naissance d’un écrivain
[Annexe 21] :
L’écriture selon Clavel (L’apprenti, la clarté)
[Annexe 22] :
La maison des autres (p 82) La livraison

[Annexe 23] : L’Espagnol (extrait)  La vendange 1959

3- Clavel héros malgré lui
[Annexe 31] :
L’homme qui dérange (contraste, bons sentiments)

[Annexe 32] : Le seigneur du fleuve, la remonte + dialogue, le père Surdon –
[Annexe 33] : Du Goncourt à l’académicien –

4- Ses engagements dans son œuvre
[Annexe 412] Hans Balzer ( Lecœur des vivants)

[Annexe 413] Lettre à un képi blanc– Humaniser la guerre
[Annexe 414] Le massacre des innocents– Joseph
[Annexe 415] 
Le massacre des innocents– L’écologie  

[Annexe 421] 
La guerre omniprésente : l’obsession de  la guerre dans ses derniers romans                                               

[Annexe 422] Reprendre  Les Grands malheurs + avant-propos

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[Annexe 11] : Le silence des armes – La mère disparue – page 110
Elle est là… Elle est seule près de la fenêtre… pas une ride de son visage ne trésaille et pourtant sa voix résonne dans le silence de la cuisine.  « Quand tu seras marié, quand tu auras les enfants, il joueront dans le jardin. Quand il pleuvra… je leur raconterai les vieilles légendes que je t’ai racontées. La vie est ainsi. On ne voit pas passer le temps. »
Elle est là, immobile. Il n’y a pas d’enfants. Il n’y a plus d’hommes. Ce n’est pas la neige qui recouvre le sol, c’est la friche.
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 [Annexe 12] Au bonheur de l’eau : Popi et l’oncle Paul
Popi et l’eau du jardin
Popi, jeune handicapé,
vient parfois aider son père au jardin et se désaltère à la pompe au fond du jardin, alors que normalement, c’est interdit. Ses parents ont sermonné le jeune Bernard : « Si tu bois cette eau, tu deviendras tordu comme Popi. » Peine perdue, il finit par goûter à l’eau défendue mais pris de peur, il avoue tout à sa mère, étonnée de sa réaction. S’apercevant qu’on lui a menti, il le prend mal et apostrophe sa mère… mais il n’en recevra pas moins la correction de rigueur.

La morale est sauve.

Partie de pêche avec l’oncle Paul  (cf Le Soleil des morts)
En vacances à Dole chez l’oncle Paul, ils vont pêcher dans la Loue vers Ornans et son oncle l’avertit : « Ne te fie pas au beau temps, il va se gâter et la rivière va monter noyant la petite île ; donc pas question d’y aller. » Bien sûr, sitôt que l’oncle a le dos tourné, Bernard file pêcher sur l’île et bien sûr le temps se gâte rapidement. Saisi d’angoisse, il a juste le temps de se réfugier sur un peuplier. Connaissant l’animal, l’oncle revint en barque et finit par le récupérer : « Tu vois, lance mon oncle, ce que tu fais faire avec ta désobéissance. » Penaud, il lui dit : « Tu le diras pas à ma tante que j’ai désobéi… on ne me laisserait plus venir en vacances chez toi... » Sachant très bien le plaisir que prenait l’oncle de passer des vacances avec son neveu.

(cf "Le thème de l’eau chez Bernard Clavel", Marie-Louise Bourg, Université de Liège, 1976)
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[Annexe 13] Célébration du bois – Le bois – p 106
Comme j’étais rêveur et paresseux, je n’avais jamais terminé mes devoirs au moment où mon père "sonnait les cloches" sur son journal. […] Une fois couché, je regardais en face de moi. Et la flamme faisait trembloter ses reflets au pied de mon lit dans une armoise immense dont les portes étaient en ronce de noyer.
Sans doute est(ce) à ce moment-là qu’est entrée en moi la certitude que le bois a un visage ; qu’il a un cœur, qu’il a une vie que seul le feu peut lui prendre.
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[Annexe 14] Les éléments : l’eau et l’hiver
 - « L’eau me fascine. Plus l’obscurité s’avance, plus elle ressemble à un énorme reptile dont les écailles de feu miroitent encore entre les branches. »

- Montréal au Québec, devant un Courbetreprésentant le Puits noir, quand « le chant assourdi de la Loue monte des profondeurs sombres vers la lueur vibrante des reflets » emportant avec lui « l’odeur si particulière des eaux qui viennent lécher les roches où vibre le ciel comtois. »

 - Je voudrais retrouver, écrit-il,  « les crépuscules d’hiver, le silence qui accompagne cette fuite de la lumière, qui imprégnait les âmes, et ce qui pénètre ainsi une âme d’enfant peut à jamais colorer l’existence d’un homme. (Terre de mémoire)

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[Annexe 21]  Écrire… – L’écriture selon Clavel – page 169   
Mon métier es de ceux où l’on demeure toute sa vie apprenti. Écrire, c’est se vider de sa vie. Parce que le langage immensément riche nous échappe, parce qu’il s’use davantage qu’il ne se renouvelle, notre seule réserve de force est dans nos  sentiments. […] En tête de mes propres raisons d’écrire, je placerai le besoin et la volonté d’échapper à ma solitude en faisant partager mes propres émotions. 
Écrire, c’est communiquer, d’où le principe essentiel de clarté, toujours choisir le mot le plus simple, ce qui ne signifie pas pauvreté du style. Le langage est question de culture et le vocabulaire participe ainsi à cet accent de vérité et ce rythme qui sont les éléments d’une véritable animation.
« Aimer les mots, disait Anatole France, on n’est écrivain qu’à ce prix. »
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[Annexe 22] : La maison des autres (p 82) La livraison
Julien baissa la tête et sortit. Le vélo lui parut lourd à décrocher. La rue était déserte. La bise courait, poussant toujours quelques flocons […] Arrivé sur le grand pont qui enjambe le Doubs, avant de monter la côte, Julien s’arrêta. Laissant son vélo au bord du trottoir, il posa sa corbeille sur le parapet de pierre et quitta sa toque. Il tâta son crâne meurtri et  replaça convenablement les mouchoirs.

Ici c’était la nuit presque parfaite. Il y avait simplement une fenêtre du moulin dont le reflet doré dansait sur les remous du déversoir. Toutes les autres lumières étaient loin. Derrière, c’était la ville qui scintillait de toutes ses lampes groupées, blotties l’une contre l’autre sous le poids du ciel noir d’où tombaient de grandes gifles glacées.
Julien frissonna.
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[Annexe 23]  L’Espagnol (extrait)  La vendange 1959
voir aussi son album "Les Vendanges", photographies de Janine Niepce, Hoëbeke, 2000

Lorsque Pablo se leva, une douleur aiguë lui empoigna les reins. Il serra les dents et marcha jusqu’à la voiture. Les vendangeurs étaient à l’œuvre. Pablo s’assura que personne ne l’observait puis, ouvrant sa chemise, il regarda ses épaules. Elles étaient rouges et la place des courroies était dessinée nettement. Juste sur l’os, la peau s’était même soulevée et la chair était à vif.
Comme une mécanique, il marcha ainsi jusqu’au soir. À la dernière montée des vendangeurs, le chemin était encore plus long… Ce n’était rien, quelques dizaines de mètres seulement mais la fatigue était là… Ses genoux étaient raides. Il remontait, le dos courbé, les pouces tirant sur les bretelles de la bouille vide. La sueur coulait sur tout son corps et le vent du soir collait la chemise sur sa poitrine chaque fois qu’il se redressait.
C’était bon, cette gifle fraîche. 


Le soleil avait disparu depuis longtemps… Des fumées montaient des villages. Et, sur toute la terre, il y avait une grande fatigue qui brouillait le regard, une grande fatigue qui montait du sol, qui coulait des coteaux en ondes sonores comme des vagues.
Des vagues qui montaient le long des jambes de Pablo, serraient son corps, résonnaient dans sa tête et se laissaient tomber de tout leur poids dans ses mains pendantes, de chaque côté de l’échelle.


Sur tout cela, le vent du soir poussait d’autres vagues fraîches et molles. Il y avait sur toute la plaine une grande fatigue et comme la promesse d’un grand repos.
1- Verbes d’action et phrases courtes.
2- Comparaison-image : mécanique, gifle
3- Most-clés Fatigue répété 4 fois et Vague 2 fois, longue phrase qui se déroule comme une vague, contraste fatigue/repos
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[Annexe 31] :
Chez Clavel, contraste d’un populisme mélange de régionalisme (cf Steinbeck/Faulkner) mais situé à différentes époques faites d’actualité er de passéisme, d’un style taxé de minimaliste


« Les bons sentiments ne font pas une bonne littérature »(Gide) : jeu de mots plutôt une charge contre une certaine conception bourgeoise d’une soi-disant "bonne littérature" dominée par des tourments existentiels de la grande bourgeoisie (G. Duhamel, P. Morand,  H. Bordeaux mâtinée de critique sociale chez Bernanos ou Mauriac.

         

[Annexe 32] :
L’académicien populaire

1968  à Goncourt (les fruits de l’hiver)                       1972 à L’Académie

Une célébrité durement payée                                        Un académicien éphémère
-manœuvres d’Aragon                                                   - nouvelle polémique
- croisade de Bosquet (p 8 & 10)                                   - le loup dans la bergerie
« La littérature de recherche »                                       Le populaire phagocyte les Goncourt
« Guimauve et œillères, tel est ce Goncourt. »
Clavel : « Je n’ai jamais cherché à paraître… qu’un romancier que tout le monde peut lire… Dans ces chaumières que vous méprisez tant, je rencontre l’Homme. Celui qui sait ce qu’est la vie, la peine, la sueur… »

Le "miracle" du Seigneur du fleuve
Pourquoi ces polémiques ?
- Jalousie du succès d’un homme "atypique" (manuel + sportif) à la boxe page 21-22
« La boxe a été l’un de mes premiers rêves d’adolescent… J’ai amassé pendant des mois mes pourboires d’apprenti pour m’offrir ma première paire de gants… »
- œuvre spécifique avec roman populaire + peinture sociale + inscrit dans une époque
   à personnages-archétypes ciblés :
        Julien et la condition ouvrière +Merlin et la condition de l’artisan,
        Pablo la guerre et l’argent + Pierre Mignot l’écolo

Une reconnaissance tardive
 - Le revirement d’Alain Bosquet : Combat 1972, p 13

« Eh bien… j’ai aimé son dernier roman […] , mais c’est lui qui a changé,  ce n’est pas moi… »
- Poirot-Delpech : Le Monde 1974, p 30-31
« Un romancier qui continue à prendre naïvement la réalité pour sujet … qui ne confond pas le langage clair avec une tare bourgeoise… cela est devenu si rare et si négligé par la critique savante… »
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[Annexe 33] :
Le seigneur du fleuve (p 96) La remonte
C’était une belle eau de remonte. Une belle eau ronde et fière qui coulait à pleins bords. Une eau à vous faire oublier celle qui continuait de tomber du ciel tellement serrée que, des barques qui remontaient la rive droite, les hommes devinaient à peine quelques formes d’arbres gris sur la rive gauche.
Philibert regardait aller ses bêtes qui tiraient de confiance, régulièrement, fouaillées de loin en loin par les charretiers dont les cris précédaient l’attelage, portés vers l’amont par la bourrasque.
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Le seigneur du fleuve… – Dialogue  -- le père Surdon – page 100
Quand l’ancien, le père Surdon, rejoignit Philibert, son haleine sentait bon le café et la goutte.
- Alors, fit-il, on l’a passé ce goulet !
- Plus facile que je ne pensais.
- Avec les bêtes que tu as, on en passera de plus durs.
- Tenez, vous allez prendre un peu la barre.
- Tu crois que je sais encore ?
- Est-ce que vous vous fichez de moi ?
Le vieux lui claqua le dos de sa lourde main. Il riait.
- Tu ne vas pas me dire que tu es fatigué !
- Non, mais j’ai envie de boire un coup.
- Ça c’est certain mais tu as aussi envie d’autre chose.

Le vieux marqua un temps… passant ses mains sur sa barbe puis il dit :
- Tu as envie de faire plaisir au vieux… Tu es un bon garçon Philibert… Tu es bien le garçon du Félix. Y a pas de doute.
Il empoigna la grosse barre de bois toute usée par le frottement des mains et des cordes… D’une voix serrée par l’émotion, sans regarder Philibert, il murmura :
- Tu peux pas savoir petit. .. Tu peux pas savoir ce que ça me fait.
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[Annexe 412] :
Jeunes frères ennemis – Hans Balzer – page 139
Souviens-toi, Hans mon ami cette nuit du 16 au 17 mai (1965) dans Weimar endormie.
Souviens-toi, « jeunes frères ennemis ». C’est par ces mots que commence "Au-dessus de la mêlée", cette page bouleversante d’un homme qui nous avait réunis.  Et cette nuit-là, dans la cité tout imprégnée du souvenir de Goethe, nous devions découvrir soudain que nous avons été cela. Jeunes frères ennemis.
Un mot pour tuer jeunesse et fraternité. Avons-nous jamais été ennemis, Hans mon frère miraculeusement sauvé de la guerre et miraculeusement retrouvé ? Lorsque nous avons soudain découvert qu’en 1942, tu te trouvais en même temps que moi dans la même caserne, et parmi ceux que je haïssais, c’est tout de suite ce mot de Romain Rolland dont nous avions parlé dès le premier jour […] Nous avons été ennemis contre notre volonté et nous savons aujourd’hui que nous sommes frères, réellement.
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[Annexe 413] :
Lettre à un képi blanc – Humaniser la guerre -- pages 136-137

L’humanisation de la guerre caporal, quelle formule ! Etis c’est le plus beau piège à cons que les fauteurs de guerre aient jamais tendu à leurs futures victimes !
Mais au fond des choses… qu’un enfant soit tué d’une façon sauvage ou civilisée, déchiqueté par un obus moderne de 20 mm ou éventré par un poignard anachronique, c’est toujours un enfant mort, et c’est toujours un crime.
Nous vivons un triste siècle où l’on tue trop facilement pour de trop bonnes raisons. (p 137)
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[Annexe 414] :
Le massacre des innocents
– Joseph – page 125

Joseph, c’est l’ouragan. Un regard qui vous pique l’œil, un rire qui vous troue les oreilles. Un petit bout d’homme pas plus haut qu’une corbeille en papier, et qui à lui seul, fait vivre toute la grande maison. Joseph, il faudrait qu’il reste tel qu’il est. Une espèce de symbole de la résurrection.
Joseph, c’est la figue de barbarie trouvée au Sénégal dans les cactus, alors que le soleil et le sable ont déjà fait d’elle un fruit ratatiné que le passant croit perdu. Un tout petit corps rongé par la faim et le mal... Il a été trouvé le jour de la Saint-Joseph. C’est tout son état civil. Sa famille : un champ de cactus.
Il est la mascotte de la maison.
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[Annexe 415] :
Le massacre des innocents – L’écologie – page 101

Quand il est question de ces produits que l’homme emploie pour tuer la terre pour la rendre stérile, je sens monter en moi une grande haine. Rien ne pousse sur ces terres assassinées et… ce sont les enfants à naître que massacrent les hommes. On ne se borne plus à détruire le présent, on s’en prend au futur.
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[Annexe 421] : L’obsession de  la guerre dans ses derniers romans
*** La guerre omniprésente
Exemples :
- Les colonnes du ciel (la guerre de dix ans, vers 1640)
- La révolte des canuts (1831-34) + - Les roses de Verdun (1ère guerre mondiale)
- Le silence des armes (guerre d’Algérie) + Hiroshima
*** Ses derniers romans 1998- 2005
6-  Le soleil des morts : Charles Lambert/Mour (la revanche, de 1914 à 1945, les Batd’Af)

5- La retraite aux flambeaux : Ferdinand Bringuet (1944, Libération dans le Doubs)
4- Le cavalier du Baïkal : Sadko plongé dans la guerre au temps de Jules César
3- Brutus : La vallée du Rhône au temps du martyr des chrétiens (vers l’an 100 ap JC)
2- La table du roi : la guerre civile au temps des Cent jours
1- Les grands malheurs : La seconde guerre mondiale et la Libération
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 [Annexe 422] Les grands malheurs – De la Grande guerre à 2003
Guerre de 14-18 : Arthur Dufrène devient déserteur, fait prisonnier par les Allemands
                                 à Renata à Rudy à mines de charbon
                                Sa sœur Noémie à Eugène Roissard, Xavier 1923 à vin jaune
Printemps 1934 : bagarres communistes-Croix-de-feu , le 6 février
Septembre 1939 : Eugène Roissard/son père, coléreux et figé sur son passé, dans ses certitudes, Xavier/Bernard Clavel, fils qui s’oppose au père et veut partir (cf Jaques Fortier et Celui qi voulait voir la mer), quitte Lyon puis rejoindra la Résistance.
La France du ravitaillement
Été 1944,  STO et Maquis. Retraite allemande = drame àEugène et Noémie Roissard tués par SS qui brûlent leur ferme à Xavier envoyé Buchenwald qui en réchappera.
Été 1964. : Xavier a repris la ferme et produit du vin jaune / marié avec Jeanne Blanchard, une fille du pays. Avec Marcel et sa tante Renata venue d’Essen, il est allé sur la tombe de Rudy, son cousin allemand tué en Normandie.
La guerre qui sévit toujours quelque part hante l’esprit de Xavier.
2002-2003. Xavier a 80 ans, tempête toujours contre la guerre et les marchands de canons, pensant : « Quand on a subi ce que j’ai subi, toutes les années sans guerre sont de bonnes années. »

Avant-propos
« 6 février 2002 : Je suis un vieil homme habité par la guerre » constate Bernard Clavel.   « La garce me poursuit où que j’aille et quoi que je fasse. » Il sait qu’il ne parviendra jamais à s’en débarrasser. Les souvenirs sont là qui l’assaillent, et ce livre est aussi une façon de s’exprimer, de se vider des images du passé comme il l’avait déjà fait pour son dur apprentissage à Dole dans La maison des autres. Il sait désormais « qu’on n’apprivoise pas la guerre. »

« 10 avril  2003 : Je suis aujourd’hui un vieil homme habité par la peur. » Peur de la guerre et peur de la mort.
« Toutes les guerres sont des crimes contre l’humanité. »

Accès aux fiches de référence :
1- L'univers de l'enfance : Au bonheur de l'eau --
Le Rhône ou les métamorphoses d'un dieu -- Maryse Vuillermet, Vernaison -- L'hiver --
2- Naissance d'un écrivain : Clavel et son oeuvre -- Clavel et l'écriture I et II --
3- Clavel héros malgré lui :
Le roman populaire -- Le seigneur du fleuve --
4- Ses engagements dans son
œuvre : L'homme engagé --
                                                                  -- Paroles de paix -- Les grands malheurs --


* Accès à mon site consacré à Bernard Clavel --
*
Fiche-synthèse de ses romans -- et ses oeuvres hors romans --

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lundi 5 septembre 2016

Sur les pas de Bernard Clavel, Plan

Sur les pas de Bernard Clavel – 2016-17
1- Introduction : page 8
2- Celui qui écrivait sur la neige : page 2 + annexe page 9
3- Le monstre de La Courbatière : page 3 + [Le carcajou à La Courbatière]
4- Le lac de Bonlieu : page 4 + page 10 + [Le faune de Vernaison]
5- Contes et légendes du bordelais : page 5 + poème Capian page 11
6- L’homme qui écrivait dans sa tête : page 6 + [L’homme de Frontenay]
7- À La Courbatière : page 7 – Acrostiche
 
 

Sur les pas de Bernard Clavel
1- Introduction (page 8)
2- Celui qui écrivait sur la neige
Ah, ah, ah… Maurice Clavel, dites-vous ?... non, êtes-vous sûr… Bernard Clavel… le fils de Maurice… non, son frère alors… pas davantage, ah la, la… son neveu ou son oncle peut-être… toujours pas… ah, vous m’énervez avec ces homonymes… Bernard dites-vous, B.E.R.N.A.R.D… un jurassien !
Un grand costaud toujours en mal de combats… et je te file au Bengladesh, et je manifeste pour la non-violence…Mais si bien sûr, le jeune homme qui habitait la maison des autres puis qui ensuite n’habitait nulle part, toujours en mal de déménagement –ou le mal du pays, on ne sait …
.

Un type qui est allé se perdre dans les immenses étendues glacées du Nord-Québec ; qu’est-ce qu’il aimait le froid ce gars-là ! Il a même fini par épouser une québécoise, faire cinq mille kilomètres, traverser l’océan atlantique… tout ça pour une nana.
Ah, l’amour mes amis, l’amour quel joug !

Oh, vous savez, aussi bizarre que son pote Brassens qui "écrivait sur l’eau" d’après le titre de son bouquin… et lui Clavel, il "écrivait sur la neige", toujours d’après le titre d’un de ses bouquins. Un qui  "écrivait sur l’eau" et l’autre qui "écrivait sur la neige".
Ah, ils faisaient vraiment la paire ces deux là.
Comment dans ces conditions devenir immortels ?

                                    « Écrit sur la neige » voir annexe page 9
 
3- Le monstre de La Courbatière
Au début des années 90, Bernard Clavel écrit un roman intitulé Le Carcajou, histoire de la lutte des indiens contre les ravages de la construction de grands barrages.
Ah mais, quel est donc ce fameux Carcajou, cette espèce d’anarchiste qui fiche la pagaille dans les bois et les fourrés de La Courbatière paraît-il ! Oh, si l’on en croit le dictionnaire, c’est une espèce de gros blaireau canadien. C’est ainsi que les indiens le nomme. Rien d’extraordinaire en somme. Seulement  une grosse bête dotée d’une force peu commune qui sillonne les forêts du nord canadien à la recherche de sa nourriture.

Mais pour Bernard Clavel, ce Carcajou est bien autre chose. Il est un symbole, un animal mythologique qui représente les forces maléfiques à l’œuvre dans cette région. L’archétype des monstres anonymes avides d’argent prêts à bétonner l’environnement, à condamner les indiens avec leurs maudits barrages qui mutilent la nature.

Le carcajou aurait-il suivi Bernard Clavel jusqu’à La Courbatière ? On le dirait bien à suivre ses traces dans les sentes et les sous-bois des environs. Il a semble-t-il chassé de son gîte le yéti local après un combat homérique mais de cela, Bernard Clavel ne nous dira rien. En tout cas, on ne l’a jamais revu par ici. Sans doute n’a-t-il pas trouvé dans le Revermont, dans ces contrées encore préservées, un combat écologique à sa mesure.   
                                   Voir " Le Carcajou à La Courbatière"

4- Le lac de Bonlieu

Oh, le Québec… et ailleurs ; toujours à courir d’un coin à un autre, jamais tranquille à se poser et se reposer sur son lopin de terre…
De toute façon, avec les écrivains, il ne faut pas trop chercher à comprendre.
Enfin, moi, j’ai renoncé.

Par contre, avec son Jura natal, qu’est-ce qu’il a pu nous prendre la tête ! Toujours à ressasser Lons, le jardin de son fameux chêne têtard de sa jeunesse, et Dole où il a été heureux chez la tante Léa et malheureux dans la Maison des autres, et Château-Chalon avec son fameux vin jaune, et Frontenay avec son cimetière, sa grande futaie et le père Vincendon… et les autres, on se croirait dans un guide touristique, manque plus que des photos. 

C’est ainsi qu’il a écrit un album sur le lac de Bonlieu, charmant lac jurassien au demeurant mais juste un lac, hein,  avec en gros un peu de flotte et des poissons. Un grand étang en quelque sorte. Mais pour lui, non, pas du tout, la preuve, il l’a intitulé « Bonlieu ou le silence des nymphes. » (bis) Si, si, je vous assure. C’est son titre : comme s’il nous disait déjà au départ, "à Bonlieu, c’est le pied, les nymphes vous foutent la paix, elles la ferment, vous pouvez faire la sieste, peinard".

Mais ce serait trop simple. Il voit des nymphes partout, il les entend, il a fumé la moquette le poète. Il veut écrit-il, « Percer l’âme de Bonlieu ». Va lui falloir une super perceuse ! « Percer l’âme de Bonlieu, » que contient-elle donc pour qu’il soit obligé de la percer ?
Il s’en passe des choses à Bonlieu. Figurez-vous que, nous dit-il, « la terre craque, (crss…) la glace geint (oh, oh, oh…)… des sons montent sous la glace épaisse, comme une plainte, peut-être est-ce les nymphes qui se lamentent. » Vous voyez le tableau ! Non… moi non plus.
Et ne n’est pas tout. Écoutez. « Le silence du lac, c’est d’abord celui des nymphes. Moments magiques intériorisés sans qu’ils aient besoin d’images ou d’écrits... » les nymphes « vont s’endormir dans leur douleur glacée ». Les pauvres.

Ça vous plairait, à vous, d’être une nymphe et de vous endormir dans une douleur glacée.
Aussi, pour le remercier de m’avoir expliqué toutes ces choses mystérieuses, même que sans lui que je n’aurais jamais pensé que ça puise exister, je lui avais envoyé ce petit poème :

Voir " Le faune de Vernaison"  page 10 +poème 

5- Contes et légendes du bordelais

Légendes viticoles

Est-ce dieu ou le diable qui hante le Bordelais, joue des tours pendables, ou est-ce le diable qui a subverti l’écrivain ? 
Son recueil commence comme Astérix, une gauloise captive à Rome va leurrer les romains en leur dérobant quelques plants de vigne avant de rejoindre son Bordelais natal. Voilà comment naquit et prospéra le plus beau vignoble du monde. Ah, chère Benoîte, car tel était son prénom, que ne t’élève-t-on pas une monumentale statue sur la grand’place de Bordeaux ?
Ces fichus romains abusaient aussi du monopole du transport du vin, ce qui révulsait Nicolas Torrieu, un jeune tonnelier, qui n’eut de cesse d’inventer un nouveau moyen de transport : le tonneau. 

Figurez-vous, qu’un jour, par un miracle que seules les nymphes de Bonlieu pourraient expliquer, Bacchus et Silène sont de passage à Bordeaux,  et Silène, par le plus grand des hasards, découvre la façon de tailler la vigne.

Mais le Bordeaux a aussi des effets pervers : un nommé Athanase Duvernier d’après notre mutin conteur qui l’a apparemment bien connu, jure avoir vu des espèces "d’extra terrestres cyclopéens" dérober les meilleurs crus de Bordeaux et s’envoler dans une bulle. Effets secondaires sans doute.
Toujours d’après lui, la réputation des coteaux de Blaye et de Bourg provient d’une colombe blanche qui lâcha un petit sarment qu’une petite fille recueillit et eut l’idée de planter.

On dit aussi que le diable -le diable lui-même- vint à Yquem,  s’y fit chahuter et  l’important est qu’à cette occasion, la pourriture devint noble.
Si un humble pèlerin en route pour Compostelle goûta, toujours par hasard,  un nectar auquel il donne son nom Saint-Émilion, Tantale fut bien puni pour les diableries qu’on lui reprochait : on transforma son bordeaux grand cru qu’il s’apprête à déguster en jus de pomme !
                     Voir " L’installation à Capian" – annexe page 11
 
6- L’homme qui écrivait dans sa tête
C’est l’homme qui a pris de l’âge, qui a pris aussi beaucoup de recul, qui s’exprime maintenant :
- L’art, mon dieu oui, l’art, la grande affaire pour moi. J’écrivais justement dans Écrit sur la neige « qu’il  est fait d’impulsions mises en forme. […] C’est ce que l’individu porte au plus secret de son être. »

 - L’eau, quel élément n’est-ce-pas, sous toutes ces formes, l’eau qui écrase l’homme de sa masse formidable, l’eau qui devient neige pour animer de sa pureté les combes et les flans des montagnes.
J’ai aussi écrit que « l’eau me fascine. Plus l’obscurité s’avance, plus elle ressemble à un énorme reptile dont les écailles de feu miroitent encore entre les branches. » 

 - Je voudrais aussi retrouver, écrit-il avec une grande nostalgie, « les crépuscules d’hiver, le silence qui accompagne cette fuite de la lumière, il imprégnait les âmes, et ce qui pénètre ainsi une âme d’enfant peut à jamais colorer l’existence d’un homme. »

- Je me souviens lors d’un de mes séjours àMontréal au Québec, immobile devant un Courbet représentant le Puits noir, quand « le chant assourdi de la Loue monte des profondeurs sombres vers la lueur vibrante des reflets » emportant avec lui « l’odeur si particulière des eaux qui viennent lécher les roches où vibre le ciel comtois. »
- Plus tard, beaucoup plus tard, quand il arrive à Courmangoux, il écrit : Pourtant, oui pourtant, j’avais trouvé à Courmangoux « la solitude, le silence, la nature et un grand parc pour que Antigone et Tolstoï, gambadent à leur aise ». Il travaille dans de bonnes conditions et il y écrira ses derniers romans.
Mais Courmangoux ne dura pas. Le destin l’avait rattrapé. Et s’il ne pouvait plus écrire, si on lui interdisait d’écrire, question cruciale qu’ Adeline Rivard lui posait déjà en 1985 : « Je ne vous ai pas attendu pour me la poser, il y a près d’un demi-siècle qu’elle me poursuit… »
À la sortie de son coma, il a eu ces mots : « J'écris. J'écris dans ma tête. » L’imagination toujours en éveil, les images accumulées ne trouvaient plus à s’épancher sur sa feuille de papier. En tout cas, il  était prêt à livrer un nouveau combat car avait-il l’habitude de dire, « se battre, ah se battre ... je l’ai fait toute ma vie. »

«J'ai longtemps vécu sans écrire. Mais quand ça m'a empoigné, ça ne m'a plus lâché. » Une œuvre faite de la matière même qui l'inspire : « La chair de mes livres est la vie. »

Dans sa chambre de malade se découpait une grande photo de Josette dans un grand paysage de neige : « Pour moi, c'est la photo du bonheur. »
                                Voir " Hommage : L’homme de Frontenay"
 
Pour marquer le premier anniversaire de sa disparition, j’avais écrit une fiche biographique pour le site Sur les pas des écrivains, puis l’année suivante, j’ai composé ce poème en forme d’hommage qui reprend plusieurs de ses titres.

7- À La Courbatière
Acrostiche

Pour clore cette présentation, j’ai pensé à un court poème en forme d’acrostiche, c’est-à-dire de vers où en vertical, on peut lire un nom, celui de CLAVEL en l’occurrence.
Courmangoux, son dernier havre de paix ou plutôt
La Courbatière, un coup de cœur pour ce hameau
Avec son grand parc arboré où jouaient les chiens,
V
ersion bucolique, où il se sentait si bien
E
ntre bois et collines, dans un calme parfait,
L
ové dans un vallon adossé au Chevalet.

                                                                -----------------------------------------
Introduction
« Les œuvres d’un homme retracent souvent l’histoire de ses nostalgies ou de ses tentations, presque jamais sa propre histoire. » Albert Camus

Cette présentation que j’ai intitulée L’Homme qui écrivait dans sa tête, est né de deux textes que j’avais envoyés à Bernard Clavel, textes qui se voulaient récréatifs, assez drôles, déclinés sur deux ouvrages de Clavel qui ne comptent sans doute pas les plus connus :
- un roman intitulé Le Carcajou ;
- un album consacré au lac de Bonlieu dans le Jura.

Il est complété par des références à la vie de Bernard Clavel et un court poème final.  

Cet Homme qui écrivait dans sa tête, paraphrase de "l’homme qui marchait dans sa tête", reprend cette impressionnante image d’un homme qui,  par son unique volonté, parvient à dominer sa condition.
S’il est un thème essentiel à son œuvre, ce pourrait être celui-ci, pour moi en tout cas, c’est celui qui s’en dégage : le pouvoir de l’homme sur son destin, dominé par une volonté sans faille, même au prix des sacrifices et de la tragédie.
Ce sont les figures familières de sa jeunesse : Vincendon le luthier, le père Seguin le cordonnier et ses odeurs de cuir, les récits du cheminot le père Tonin ou la vieille guimbarde de la mère Broquin.
Ce sont les figures les plus marquantes de ses héros :
- C’est Philibert Merlin du Seigneur du fleuve, qui voudrait pouvoir dominer la nature et les hommes ;  
- Ce sont les fortes personnalités féminines de Marie bon pain et Hortense la femme de guerre des Colonnes du ciel ou Félicienne Marquand de La Guinguette.
- Ce sont ces hommes qui se coltinent aux drames de la guerre comme Bisontin-la-vertu  des Colonnes du ciel,à la dureté de la vie comme la famille Robillard ou Cyrille Labrèche ou même aux deux comme Mathias de La table du roi.

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Écrit sur la neige
- L’écriture, ah, la belle affaire ! Pourquoi vouloir toujours démonter la mécanique, évoquer à toute force le contexte d’un roman, les références biographiques ou les aspects auto biographiques qu’il contient. Bah, disait-il, de toute façon, « parler de moi m’agace très vite. » Sur le métier d’écrivain, ou plutôt ce que « l’individu porte au plus secret de son être sensible », je sais pour l’avoir vécu que « tout vient de la vie », ce que l’écrivain engrange de "matière première", expériences faites d’événements et de sensations. Car « l’art est fait d’impulsions mises en forme. »
Il repense parfois à ses terreurs d'enfant quand écrit-il, « la lampe Pigeon de la salle à manger n'éclairait jamais certains recoins d'où pouvaient bondir des ogres, des loups ou des monstres. »
- Savez-vous qu’un livre, c’est comme un enfant : on ne sait pas très bien quand et même comment il a été conçu. Des idées s’enchaînent un peu au hasard, sans préméditation, l’informe donne parfois naissance à une forme, alors on le dorlote, on le choie, on passe son temps à lui prodiguer des soins. Et un jour, c’est la naissance, l’édition.
La joie, la liesse, la délivrance aussi.
La délivrance est toujours une blessure.
Sa vocation : pouah, quelle plaisanterie… quelle  prétention ! Il préférait parler de "milieu", de "bouillon de culture" : « Je suis né sensible, j’ai été élevé par une mère qui l’était, par un père secret… notre entourage d’artisans raconteurs d’histoires m’a impressionné. »
Quand dans sa prime jeunesse il ne faisait que « raconter des histoires, » on l’accusait de mentir. De toute façon, les écrivains sont de fieffés menteurs, a-t-il avoué.
Par-dessus tout, je préfère « la vraie vie », entre partage et amitié, car « nous écrivons toujours sur la neige, le tout est de savoir à quelle heure se lèvera la tempête. »
                                                ◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊
Le faune de Vernaison
C’est une histoire étrange que seule la fameuse Vouivre trouverait naturelle, cet animal mythique cher à son ami dolois Marcel Aymé dont il a fait l’héroïne d’un de ses livres.
Figurez-vous rencontrer sur le pont de Vernaison une étrange créature, une espèce d’animal aux pieds fourchus, la tête toute barbue et poilue : un faune. Ah, j’entends déjà, votre rire sceptique et ironique.
Un faune, pourquoi pas ? Clavel ne parle-t-il pas dans La table du roi des elfes et des sylphides qui à l’étiage, pourraient très bien y déjeuner.
Si vous ne me croyez pas, demandez à Bernard Clavel, il connaît très bien son confrère, un vieux faune qui hante le lac de Bonlieu, qui n’aime ni les chasseurs, ni les fusils.
Demandez-lui, vous verrez, il connaît très bien les nymphes du lac qui ne seraient en fait que de belles naïades batifolant au bord du lac ou le parc Clavel à Vernaison.
Il connaît aussi très bien ce carcajou dont on dit qu’il l’a suivi jusqu’en Revermont.
Ah, l’imagination des écrivains est sans limites !
                                     Voir poème " Le faune de Vernaison" 

Contes et légendes du bordelais

L’installation à Capian


Clavel
, il est né dans un pays de vignoble,

Où tout jeune, il connut des "petits bonheurs", 
 Fief du vin jaune issu de cette terre noble
Qu’on ne peut bien sûr trouver nulle part ailleurs. 
Finalement, c’est Josette qui va trouver Au village de Capian, la maison rêvée.« C’est la même latitude que Montréal »
Dit-elle sans ambages ; « N’est-ce pas l’idéal »
Et le Bordeaux, c’est bien sûr le nectar divin,
Le symbole, la civilisation du vin.
« On est bien là à l’est du Québec » dit Josette
À Bernard qui savait ce qu’elle avait en tête.

Ah, Pour elle, un argument imparable,
Et pour lui, trop à l’ouest, impensable.
Il eut beau ergoter, en faire trop,
Elle eut évidemment le dernier mot.
< Ch. Broussas • Clavel 2016 • Feyzin ° © CJB  ° • 06/07 2016  >

Clavel à Capian Poème

Contes et légendes du bordelais
L’installation à Capian



Clavel
, il est né dans un pays de vignoble,

Où tout jeune, il connut des "petits bonheurs",  
 Fief du vin jaune issu de cette terre noble
Qu’on ne peut bien sûr trouver nulle part ailleurs.

Finalement, c’est Josette qui va trouver
Au village de Capian, la maison rêvée. 
« C’est la même latitude que Montréal »
Dit-elle sans ambages ; « N’est-ce pas l’idéal » ?
Et le Bordeaux, c’est bien sûr le nectar divin,
Le symbole, la civilisation du vin.
« On est bien là à l’est du Québec » dit Josette
À Bernard qui savait ce qu’elle avait en tête.

Ah, Pour elle, un argument imparable,
Et pour lui, trop à l’ouest, impensable.
Il eut beau ergoter, en faire trop,
Elle eut évidemment le dernier mot.


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< Ch. Broussas • Roissiat • Feyzin ° © CJB  ° • 18/08 2016  >
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Clavel à La Courbatière Poème

Bernard Clavel  à La Courbatière Acrostiche



Voilà un court poème en forme d’acrostiche, c’est-à-dire de vers où en vertical, on peut lire un nom, celui de CLAVEL en l’occurrence, en hommage à l'écrivain Bernard Clavel, prix Goncourt.

Courmangoux, son dernier havre de paix ou plutôt
La Courbatière, un coup de cœur pour ce hameau
Avec son grand parc arboré où jouaient les chiens,
V
ersion bucolique, où il se sentait si bien
E
ntre bois et collines, dans un calme parfait,
L
ové dans un vallon adossé au Chevalet.

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< Ch. Broussas • Roissiat • Feyzin ° © CJB  ° • 22/07 2016  >
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