Entrée de sa maison de château-Chalon
Outre les romans pour lesquels il est surtout connu, l'écrivain Bernard Clavel a publié de nombreux textes, des récits sous forme d'albums ou de nouvelles, des essais
qui éclairent les thèmes qu'il a abordés dans ses romans. Certains de
ces écrits ont une importance toute particulière dans le cheminement de
sa carrière et son évolution personnelle.
Les récits et les nouvelles
Les nouvelles les plus importantes sont les deux histoires qui se passent au Canada -font partie des "œuvres canadiennes"-
La Bourelle et
L'iroquoise,
Tiennot ou L'île aux Biard ainsi que le recueil qu'il publia en 1966 sous le titre repris de la première nouvelle
L'espion aux yeux verts.
Plusieurs textes expliquent largement sa recherche dans ce qu'il a lui-même appelé
sa géographie sentimentale qui s'enracine d'abord dans les pays du Rhône et la Franche-Comté : -
Le Rhône ou les métamorphoses d’un Dieu, repris plus tard sous le titre
Je te cherche vieux Rhône. (14 de ses romans se passent en partie ou en totalité dans les pays du Rhône) -
Terres de mémoire -sous titré
Jura- où avec deux autres écrivains
Georges Renoy, et
Jean-Marie Curien, il évoque sa région natale et en particulier le département du Jura.
Il a aussi écrit une de nombreux textes sur ses terres de prédilection, essentiellement Lyon et sa région
[1] ainsi que quelques textes sur le Jura
[2].
Ceci explique le fait que l'action de la quasi totalité de ses romans
se situe dans ces deux régions auxquelles il faut ajouter le
Québec où il a résidé avec celle qui allait devenir sa seconde femme,
Josette Pratte.
Les essais
Deux d'entre eux sont particulièrement intéressants dans son évolution :
Lettre à un képi blanc, dénonciation de la violence et de la guerre, 'mise au point' après la diffusion de son roman
Le Silence des armes. Le massacre des innocents qui fait suite à sa rencontre avec le responsable de l'association
Terre des hommes
et le mènera à un engagement personnel de plus en plus important pour
défendre tous les enfants du monde, d'abord ceux que la guerre menace
puis tous les enfants victimes de sévices, de famines, menacés
d'extermination.
Il va agir aussi pour diffuser ses idées, à travers des articles, des préfaces pour des livres contre la peine de mort
[3], défendant les enfants en danger, agissant particulièrement pour le
Bangladesh [4], réaffirmant avec force son pacifisme, luttant pour l'objection de conscience avec son ami
Louis Lecoin [5] et ses positions non-violentes avec le mouvement associatif
Non-Violence XXI.
Dans les années deux mille, il revient largement sur son engagement
en faveur de la paix, militant et toujours écrivains quand il publie des
textes d'appel à la paix comme
Paroles de paix, en 2003 sur des illustrations de
Michele Ferri ou
Le chien du brigadier en 2005. Après avoir abordé la question dans la présentation de son roman
Les Grands Malheurs,
Bernard Clavel dans son dernier texte écrit en 2005
La peur et la honte publié avec
J'avais six ans à Hiroshima. Le 6 août 1945, 8h15 de l'écrivain japonais
Nakazawa Keiji, lance un vibrant réquisitoire contre l'arme atomique.
L'espion aux yeux verts
Ce recueil contient neuf nouvelles qui sont les suivantes :
L'espion
aux yeux verts, Le père
Vincendon, Légion, Le jardin de Parsifal, Le
fouet, la barque, L’homme au manteau de cuir, Le soldat
Ramillot et Le
père
Minangois. Il nous offre des instantanés de vie, mélange de drames,
de fraternité, de perfidie et de fragilité.
L'espion aux yeux verts
Voilà ce qu'à écrit
Bernard Clavel au sujet de la nouvelle, ce genre parfois décrié : «
Nous
portons tous en nous un lot de souvenirs, de sujets, de personnages,
qui n'ont leur place dans aucun roman. Pour cette partie cependant
précieuse de notre bagage sentimental, la nouvelle est un beau refuge.
Plus fréquemment que le roman, elle est une œuvre jaillie du plus secret
de l'écrivain et écrite sous la poussée d'une envie à laquelle il ne
saurait résister. D'où, souvent, sa surprenante richesse. »
C'est la nouvelle qui lui a permis de faire ses premières armes en
littérature mais il reconnaît volontiers que c'est un genre difficile
«
où toute tentation de tricherie compromet définitivement les chances
de réussite. » Pour lui, un bon nouvelliste se rapproche des conteurs
d'autrefois, ceux qui à partir d'une petite anecdote, étaient capables
comme sa mère savait si bien le faire
[6] de
bâtir une histoire juste pour le plaisir de raconter, d'apporter un peu
de joie à la veillée autour d'un bon feu. «
Essayer de s'approcher
d'eux, dit-il, est sans doute très ambitieux, mais c'est une grande
tentation. »
L'espion aux yeux verts raconte un instant de vie intimiste.
Félicien,
un veuf parano, passe ses journées à se lamenter auprès de son chat.
Mais il se peut aussi que le félin complote lui aussi contre lui, qu'il
soit de mèche avec tous ceux qui l'observent, qui l'épient. Aussi sa
méfiance augmente-t-elle envers son chat et il le regarde d'un autre
œil. Pauvre homme bien malheureux de voir le mal partout. Il la dédie à
son fils
Yves, «
véritable père de cet espion. »
Le père
Vincendon est un ami de son père et aussi un
voisin qui n'habite pas très loin de chez eux. Ils se rendent visite,
discutent entre hommes qui ont des souvenirs communs, qui ont l'enfer de
la guerre des tranchées pendant la première guerre mondiale. Ils
s'étaient perdu de vue, quinze années sans se revoir, c'est long. Et
puis, cet ami est infiniment précieux, il éprouve une passion pour le
bois et le travaille avec application, avec tout son savoir-faire.
Bernard Clavel a conservé de
Vincendon ce précieux héritage : son bureau, son coffre aussi et sa boîte de peinture. «
Elle avait été faite avec amour, comme tout ce que faisait Vincendon. »
Dans
Légion, on assiste à l'arrivée d'un légionnaire
dans un petit village, ce qui n'est pas chose anodine. L'homme tient à
se faire adopter, se fait des amis, est d'une serviabilité exemplaire...
mais il a un défaut, un défaut qui peut paraître véniel mais qui
devient un handicap dans un petit village, il est beaucoup trop curieux
et sa curiosité le perdra. Pourquoi diable ce village finit-il en
cul-de-sac, ne débouche-t-il pas quelque part ? Répondre à cette
question, c'est soulever un voile qu'il n'est jamais bon de soulever.
Cette nouvelle,
Bernard Clavel l'a dédiée à son ami l'écrivain
Pierre Mac Orlan. Elle a fait l'objet en 1971 d'une adaptation télévisée tournée à Lons-le-Saunier et dans un village voisin
Courbette, mise en scène par
Jean Prat et
Philippe Joulia avec
Pierre Trabaud,
René Lefèvre et
Béatrice Audry dans les rôles principaux.
Le jardin de Parsifal raconte la triste histoire d'une espèce de
Landru, d'un homme qui devient un meurtrier mais heureusement la morale sera sauve car son amour des chiens causera sa perte.
Parsifal
le chien, mourra pour défendre son maître qui n'aura plus que son petit
teckel. Les chiens, des animaux que
Bernard Clavel aimait tout
particulièrement, qui sons très présent dans son œuvre.
Cette nouvelle est la seule du recueil à être datée : Lyon, 17 avril 1962
Dans cette courte nouvelle,
Le fouet, un homme
Paul Nanerwicz reconnaît, pendant un spectacle de cirque, herr
Peitschenmann, un terrible bourreau nazi qui s'est reconverti comme artiste, un homme qui maniait trop bien le fouet pendant la guerre.
Les artisans chers à Clavel : cordonnier dans son échoppe
Dans
La barque, des hommes affrontent une crue : un
homme portant un manteau de cuir, un poste de guet accueille un homme
complètement trempé par un terrible orage, malgré la rigueur du
règlement qui interdit de laisser entrer un civil dans un poste de
garde.
Cette nouvelle rappelle son roman
Pirates du Rhône, la crue du fleuve quand les riverains s'entraident pour monter dans l'urgence les meubles au premier étage des maisons.
Le soldat Ramillot rappelle un épisode de
L'Espagnol quand ce dernier,
Pablo,
a une aventure amoureuse avec sa patronne. Un soldat se présente auprès
d'une paysanne pour des travaux agricoles. Ils passent une soirée de
plénitude et de plaisirs mais dès le lendemain, toujours pour les mêmes
raisons de rigueur d'un règlement appliqué à la lettre, le soldat est
porté déserteur. C'est le lendemain qu'
Angèle apprendra que le soldat s'est noyé dans la
Seille après avoir été mordu par une vipère.
Cette nouvelle,
Bernard Clavel l'a dédiée à son ami Jacques
Peuchmaurd qui l'a beaucoup aidé lors de ses débuts difficiles.
Le père Minangois était un vieux cordonnier que le
narrateur a bien bien -comme le père
Vincendon, le luthier- et dont il
se souvient avec une grande nostalgie. «
Et pour moi, se confie Clavel,
il reste l'image d'un grand vieillard bougon, sec et dur comme le vent
d'hiver, mais qui avait, dans sa façon de vous regarder ou de vous
empoigner la main, une de ces choses mystérieuses et précieuses, qui
font partie de ce qu'un homme conserve éternellement parmi les trésors
de son enfance. » C'est cette parcelle de trésor préservée que
Clavel voudrait nous faire partager.
«
Il paraît qu'il est mort alors qu'on s'apprêtait à fêter son centenaire en même temps que la libération du pays. »
Les nouvelles canadiennes
L'iroquoise
Portrait d'iroquoise
Karl, un marin, vient de débarquer dans le port de
Boston.
Dans le bar où il se rend, une bagarre éclate et, sur un coup de poing
malheureux, il tue un homme qui de plus s'avère être un policier. «
Pauvre de toi, tu as tué un flic » lui lance-t-on. C'était un sale flic, combinard et corrompu, et les gens sont bien aise d'en être débarrassés, «
T'as
fait une sacrée bonne action, matelot, tu nous as débarrassé d'une
belle ordure. Certain que personne va le pleurer, celui-là. » Mais il est obligé de fuir la ville pour se réfugier dans le grand nord.
Au cours de sa fuite, il rencontre une jeune iroquoise
Aldina
avec laquelle il se marie. Elle, qui n'a connu que les grandes étendues
glacées, rêve de la ville, « quand nous irons dans ton pays, tu me
montreras ce que tu sais de la ville. [...] La ville elle en rêvait nuit
et jour... des villes immenses, des lumières, des cinémas. » Mais
Aldina
ne connaîtra jamais la ville, le jour de leur départ pour Toronto, elle
fait une chute mortelle de cheval. Tout est consommé sur cette fin
dramatique en forme de morale qui signifie qu'à la ville, le bonheur est
impossible.
Ce constat négatif sur la ville et ses effets pervers,
Clavel le développe aussi dans un des tomes de
Le Royaume du Nord,
Amarok qui débute par une intrigue identique : Lors d'une bagarre dans un bar,
Timax frappe un policier ivre dont la tête heurte un coin de table et qui décède, obligeant
Timax et son oncle
Raoul à fuir aussi vers le grand nord. On retrouve ce thème dans d'autres romans de Clavel, dans
Le Tonnerre de Dieu quand
Brassac fait ses virées dans des boîtes de Lyon et qu'il rentre ivre, ou dans
Le Voyage du père où la grande ville transforme
Marie-Louise en prostituée.
Le thème de l'injustice revient souvent chez
Clavel par exemple dans
Les Colonnes du ciel quand toute une communauté s'enfuit jusqu'en Suisse, poursuivie par la guerre et les armées du roi de France, dans
Brutus quand le groupe de gaulois chrétiens est contraint de fuir la colère des Romains, dans
Maudits sauvages aussi, le dernier tome de
Le Royaume du Nord où les avocats des indiens spoliés ne pourront rien contre l'administration ainsi que dans
Cargo pour l'enfer où l'armateur-escroc agit en toute impunité.
[7]
Cette nouvelle indique
Clavel a été commencé à
Saint-Télesphore le5 juin 1978 et terminée à
Westmount le 27 septembre 1978.
La bourrelle
«
C'était dans la ville de Québec, en l'an mille sept cent et quelque... » ainsi commence cette nouvelle écrite en 1980, au moment où paraît le dernier tome des
Les Colonnes du ciel.
Ce livre s'appuie sur la réalité de l'époque, la justice est dure pour
la jolie Jeanne, menacée d'être pendue pour un menu larcin, or
explique-t-il, «
elle veut vivre à tout prix. Elle sait que si le
bourreau épouse une condamnée, on la gracie. Mais elle sait aussi
qu'être "bourrelle" est un affreux destin. »
Clavel indique même ses sources documentaires : «
Mes sources de documentation pour cette nouvelle ont été les bibliothèques de Québec et de Montréal... l'étude que monsieur André Lachance a consacrée au "Bourreau au Canada sous le régime français... »
Voilà le cadre réaliste bien campé dans lequel vont pouvoir évoluer les
personnages. Le métier de bourreau est très particulier, il exerce sur
les gens à la fois de la fascination et beaucoup de répulsion. Personne
ne veut de cette charge et le gouverneur a été contraint de faire
placarder un arrêt
« qui interdisait au peuple d'insulter le maître des
hautes œuvres et les siens, les Québécois s'en moquaient comme d'un gel
de janvier. »
Marcel, le bourreau, supportait mal son état et cette vie de réprouvé
eut un effet déplorable sur son humeur. Il lui arrivait de ne plus
pouvoir supporter cette situation, « je suis maudit, hurlait-il. Je te
dis que je me prépare les feux de l'enfer... Toutes les malédictions du
ciel sont sur nous... sur toi et moi ! » Chez le boulanger par exemple,
elle ne devait pas toucher le pain. Elle devait prendre celui qui lui
était réservé, placé à l'écart des autres, marqué «
d'une cocarde rouge qu'elle retirait pour la rendre à la boulangère en même temps qu'elle payait. »
Au-delà de l'histoire,
Bernard Clavel,dénonce les abus de l'institution judiciaire qu'il avait déjà traités dans
Les Colonnes du ciel à travers le procès expéditif contre
Mathieu Guyon (
La saison des loups) et le procès en sorcellerie, procès truqué mené par un juge corrompu contre Hortense (
La femme de guerre)
[8].
Il en profite aussi pour stigmatiser la peine de mort, alors toujours
en pratique en France et les pratiques des bourreaux qui bien souvent
soumettaient les suspects à la question.
Avec ces deux nouvelles, «
c'est le monde de la politique et de la justice qui et sur la sellette » estime
André-Noël Boichat. L'horreur de la vie de bourreau est une métaphore pour montrer l'horreur de la torture et de la peine de mort.
Cette nouvelle est dédiée à son ami Georges Renoy.
[9]
Les autres nouvelles
L'Homme du Labrador
Ce texte étant parfois considéré comme un court roman, parfois comme une nouvelle, une fiche spécifique lui a été consacrée.
Pour un accès direct, cliquer sur le lien :
L'Homme du Labrador
La rivière la Loue
Tiennot ou L'île aux Biard
Le récit commence par cette dédicace : «
À Pierre Trabaud en souvenir de Légion et d'un Tiennot qu'il a bien connu. »
À la mort de son père
Justin, tout le village s'exclame : «
Le pauvre petit, le voilà seul à présent. »
Tiennot
est un bon garçon un peu simplet mais très gentil; il travaille pour
les uns ou pour les autres, toujours serviable et vit seul désormais sur
son île située sur la rivière de la
loue dans le département du
Doubs,
isolé par le fait même que c'est une île. Il a bien ses poules et ses
lapins, son mulet à qui il se confie. La solitude solitude lui pèse,
c'est évident, aussi dans le village, on décide de lui trouver une
femme. «
On te dit seulement qu'un homme tout seul, c'est jamais drôle » répète le cafetier. Ce sera
Clémence,
une jeune femme qui ne se plaît guère dans ce lieu retiré.
Tiennot est
trop naïf pour se rendre compter du piège qu'on lui tend, une sordide
machination pour lui extorquer ses maigres économies.
Clémence, elle restera deux mois, comme prévu dans son 'contrat' puis s'en ira, laissant ce pauvre
Tiennot désespéré : «
Sûr qu'elle reviendra plus, c'est sûr » se lamente-t-il. Quand il comprend enfin que le cafetier
Flavien et sa femme se sont joués de lui, il explose : «
L'écume
aux lèvres, le visage déformé par la colère qui faisait trembler tous
ses membres, Tiennot s'avança en criant : "Salaud ! C'est toi qu'a tout
fait ! » Dès lors, le drame est inévitable et tout finira très mal pour les protagonistes.
Cette histoire développe un thème cher à
Bernard Clavel.
Robert Paillot dans
Malataverne ou
Félicienne Marquand dans
La Guinguette
vivent des histoires parallèles de solitude, d'absence d'aide,
d'assistance de la part d'un parent, d'un ami et c'est cette absence
même qui fait qu'on bascule dans le drame. A contrario, c'est parce
qu'il trouveront de l'aide, une main secourable que
Pierre Vignaud dans
L'Hercule sur la place ou Simone Garil dans
Le Tonnerre de Dieu pourront s'en sortir.
Les Récits
Accéder à l’article sur le Rhône :
Le Rhône ou les métamorphoses d’un Dieu
Victoire au Mans
Les 24 heures du Mans
Ce livre,
Bernard Clavel l'écrit à partir des notes prises quand il a suivi la préparation et la course d'une écurie lors de la course des
24 heures du Mans. Il s'estime « sans qualification » pour effectuer ce reportage qui lui vaudra le
Prix Jean Macé en
1968. Il donne finalement son accord parce qu'il a envie « de découvrir
un métier et des hommes. »
Ce qui dépassera ses espérances et il dit
lui-même après avoir découvert ce métier, du bord de la piste : «
J'avais rencontré au Mans
une chose simple : la vie. Une vie inconnue, attirante comme une eau à
la fois limpide et tourmentée de remous. Une vie pour des hommes... qui
forment une corporation solide, soudée, étroitement unie par ce beau
ciment que constitue l'un des métiers les plus difficiles et les
passionnants du monde. » Il note avec plaisir cette répartie d'un jeune mécanicien : «
J'ai fini mon apprentissage : j'ai dix-huit ans... et à la fin de l'année, je serai ouvrier. »
Un apprentissage qui doit sans doute lui rappeler l'apprenti-pâtissier
exilé à
Dole et la dure existence qu'il a connue alors.
Bernard Clavel a longtemps hésité à transcrire ce
reportage sous forme de roman ou de récit et a finalement opté pour
cette dernière forme parce qu'elle exprimait plus directement son
expérience. On retrouve ici une idée chère à
Clavel :
le travail c'est la vie. Il rejoint à la fois le côté passionnel et le
côté ludique où se développent solidarité et amitié, même si c'est
pénible, même s'il faut en passer par des moments difficiles.
Il commence son récit par les deux citations suivantes :
«
L'homme vraiment fort est celui qui sent le mieux que rien n'est donné… »
Paul Valéry
«
Il n'y a pas de grandeur sans un peu d'entêtement. »
Albert Camus
L'ami Pierre
C'est un album écrit "à quatre mains" entre
Benard Clavel Jean-Philippe Jourdrin, récit imaginaire d'un paysan qui aime le bois. e paysan a une particularité : il construit en "
bois de lune".
Une essence spécifique de la région ? Pas du tout. Il s'agit d'une
coutume qui vient de très loin, de l'époque des rois, de 'l'ancien
régime'.
Clavel en Franche-Comté
Les pauvres, des journaliers qui ne possédaient aucun lopin de terre,
même tout petit, mais qui étaient précieux pour l'économie de leur
commune, avaient obtenu le droit de construire une petite maison en
planche sur les 'communaux', les terrains de la commune où personne
n'avait le droit de les déloger. Mais à une condition : parvenir à
construire la maison entre le coucher et le lever du soleil, à la lueur
de la lune (d'où son nom) qui lui appartenait jusqu’à sa mort. Ce
portrait imaginaire est agrémenté de magnifiques photos de
Jean-Philippe Jourdrin qui en regard, raconte la propre vie de Pierre, paysan breton né en 1899 et originaire du
Morbihan.
Terres de mémoire
Dans ce livre sous-titré
Jura,
Bernard Clavel avec d'autres écrivains, raconte son
Jura, écrit «
Quand on aime quelque chose, il y a une sorte de bonheur à le faire partager. » Ce bonheur, c'est celui de quelques souvenirs qui lui sont chers et qu'il égrène ici avec jubilation et une certaine pudeur.
Bien sûr, ses Terres de mémoire correspondent à ce qu'il a lui-même appelée "
sa géographie sentimentale", c'est le cœur qui choisit de partir quand la déception l'emporte comme après qu'il eut quitté
Château-Chalon pour la région parisienne, ce sont ses sentiments qui commandent à son installation au Québec avec sa seconde épouse
Josette Pratte,
avant qu'il n'éprouve un coup de cœur pour ce pays mais une seule passe
toutes les autres qui se trouve précisément à
Lons-le-Saunier dans «
le jardin de mes parents (où) son père y avait toute sa vie ». (interview d'août 1980)

"Terres de mémoire", le lac de Bonlieu
Bernard Clavel y évoque les lieux qui sont chers,
ceux qu'il voudrait préserver, d'abord et à défaut dans la mémoire,
qu'il aimerait bien pouvoir transmettre à d'autres générations. Il parle
avec émotion de cette terre du Jura et surtout de ces lieux de mémoire
qui renvoient à son enfance.
D'abord,
Lons-le-Saunier
bien sûr sa ville natale, le quartier où il a grandi, la maison et le
jardin de ses parents, au-dessus de la ville le cirque de
Baume-les-Messieurs et la cité de
Château-Chalon où se déroule son roman
Le Silence des armes.
La région de Dole aussi, la ville où il a passé très souvent ses
vacances chez son oncle et sa tante, le Doubs et le canal qui serviront
de décor à son roman
Le Tambour du bief, la
loue, c'est belle rivière qui traverse la
forêt de Chaux et
La Vieille-Loye qui seront le point central de sa suite romanesque
Les Colonnes du ciel.
Sur ses
terres de mémoire,
Bernard Clavel a aussi publié un album intitulé
Bonlieu ou le silence des nymphes.
[10] Le
lac de Bonlieu
est d'origine glaciaire, dominé par une magnifique forêt quand à
l'automne elle se reflète dans ses eaux calmes. Dans ce livre,
Clavel
évoque avec une certaine nostalgie et beaucoup de passion le Jura tel
qu'il l'aime avec sa nature encore sauvage et préservée où on peut
longtemps se promener sans être dérangé par les bruits de la
civilisation qui fait des ravages, même dans d'autres parties du
Jura.
Activités, paysages et nature
Les arbres et le bois
Gravure sur bois
Bernard Clavel est un amoureux du bois. Il a
toujours eu un rapport particulier avec cette matière, sa texture, son
odeur, son travail par la main experte d'un artisan, la patine du temps
qui lui donne une noblesse et fait varier ses couleurs. Il le tient en
grande partie du père
Vincendon, le luthier ami de son père, qui habitait près de chez eux à
Lons-le-Saunier.
Vincendon, on le retrouve d'abord dans la nouvelle qu'il lui a consacrée, qui est incluse dans
L'espion aux yeux verts. [11]
Il est aussi présent dans le premier comte qu'il a écrit pour la jeunesse
L'arbre qui chante et qui donne donne son au recueil de comtes paru dans ses œuvres complètes : c'est bien
Vincendon qui, avec ses dons de luthier, va faire
chanter le bis en le transformer en un magnifique violon qui enchantera ses auditeurs.
Clavel dira dans une interview : «
Quand un arbre meurt, il peut toujours rester vivant pour ceux qui savent le travailler. »
Cet amour du bois lui vient aussi du fait qu'il a exercé le métier de
bûcheron dans sa jeunesse et garde un bon souvenir de cette époque : «
J’ai
pratiqué le métier de bûcheron, je sais de quoi il est question. Ces
gens-là ... savent leur parler, les approcher, les guetter des années
durant pour les préserver du mal. Les protéger avec un dévouement
admirable pour mieux les abattre un jour. Qu’on le veuille ou non,
l’être humain le plus proche de la forêt reste le bûcheron. »
Il écrira en mars 1980 un récit-album qui s'appelle tour simplement
Arbres
où il présente des variétés d'arbres qui peuplent la planète, où teste
et photos se marient parfaitement, rencontre un bûcheron amoureux
lui-aussi des arbres et dont la « compagnie suffisait à sa vie. » Son
livre est agrémenté d'une cinquantaine de photos d’arbres ou de forêts
de
Jean-Marie Curien.
Dans un autre album intitulé
Célébration du bois,
Bernard Clavel il veut nous faire partager son amour du bois, matériau noble par excellence, se projette dans un atelier semblable à celui de
Colas Breugnon [12],
la vie toute simple d'un artisan qui essaie de découvrir au fond du
bois, au tréfonds de son cœur, le mystère qui s'y cache et qu'il veut
révéler à travers son travail. Pendant les longs mois d'hiver, comme
dans le temps, l'artisan peaufinera ses objets dans la bonne odeur de la
sciure et du chien qui sommeille à ses côtés.
Une description qu'il reprendra dans son roman
Le Voyage du père dont le début se passe dans un petit village au-dessus de
Lons-le-Saunier,
parfois isolé l'hiver par une neige épaisse qui rendait difficile le
simple fait de descendre jusqu'à la gare, quand l'hiver est là «
qui
vous garde enfermé pour le temps que tiendra la neige ». Quand le bois
est rentré, l'hiver peut venir, ce bois qui réchauffe et qu'on va
pouvoir travailler.
Géographie sentimentale
Bernard Clavel a aussi célébré ses autres
Terres de mémoire, ce qu'il nomme sa
géographie sentimentale dans ses romans mais aussi dans quelques albums où il parle de lieux où il a vécu comme le
Bordelais, le vin et la vigne, lui qui vient d'un pays viticole -le
Revermont jurassien et son célèbre vin jaune- ou
Le Royaume du Nord qui rappelle sa suite romanesque et dont il a tiré un album. Avec son album
Fleur de sel, les marais salans de
Guérande,
Bernard Clavel nous emmène dans le
guérandais, dans une évocation de l’océan, «
calme et luisant dans son immensité. » Un récit illustré des photos de
Paul Morin où il nous entraîne à la découverte de la "substantifique moelle" extraite du sel, cette fleur de sel qui est pour lui «
ce précieux flocon des marais. »
La vigne est le thème de son album
Contes et légendes du bordelais
consacré au vin et à la vigne où se mêlent récits, contes et légendes.
« Je suis né dans un pays de vignoble » précise-il en introduction. Il
s'inscrit aussi dans son idée d'écrire une série de livres sur les
contes et légendes qu'il réalisera en partie.
[13] On le retrouve dans un autre album qui s'intitule tout simplement
Les Vendanges, agrémenté de photographies de
Janine Niepce qui vient d'une famille de vignerons, des photos d'avant la mécanisation, prises dans les années 1950, «
des gueules au type physique très reconnaissable ; des visages ronds, assez hauts en couleur à cause du vin et de l’air vif » dit-elle d'un air mutin.
Des vendanges en automne, on passe à l'hiver avec un bel album au titre simple
L’Hiver, fait de 150 photographies, de dessins et d'aquarelles de
Bernard Clavel. Lui qui s'est voulu peintre avant de devenir écrivain, précise : «
Pour ma part, c’est toujours l’hiver qui m’a donné aussi bien envie de peindre que d’écrire. »
Cet album est constitué des paysages hivernaux qu'il a bien connus,
le lac Léman,
Montréal et l'
Abitibi, de l'
Irlande à la
Suède et à la
Norvège, des paysages qui se mêlent aux hivers de son enfance dans le Jura, De la vallée de la Seille au
Doubs : «
L’hiver, voilà le maître du pays », un constat qui rappelle
Le Voyage du père, les rigueurs d'un hiver où la ferme et ses habitants vivent à l'intérieur en attendant des jours meilleurs. «
Il
a bien fallu ces coulées de gel, ces colifichets de givre et ces
capuchons de brouillard pour que son œuvre graphique sorte des cartons » commentait
Anne-Marie Koenig en 2003 dans
Le Magazine littéraire.
L'hiver, c'est aussi le territoire du
Royaume du Nord,
l’épopée des pionniers de sa saga mise en images, ces pionniers, tour à
tour trappeurs, prospecteurs et mineurs, qui s'enfoncent dans les bois,
se perdent au détour de rivières et découvrent les Indiens.
« Tous
soudés à cette terre. Suivant les pistes qu’ils y ont tracées, j’ai fait
bien des rencontres. Même si j’ai subi le vertige des longues courses
solitaires, j’ai toujours recherché le contact des êtres. » Au-delà des
années, les souvenirs puissants sont toujours là, par exemple
« un spectacle que je n’oublierai jamais, la débâcle des glaces sur le Saint-Laurent.
[...] Je crois que l’hiver est une saison qui pousse l’homme à
s’exprimer. À dire ce qui monte en lui de brûlant lorsque se déchaîne la
tempête de neige, lorsque se tisse et se déchire le rideau gris des
flocons blancs.
»
Présentation des essais
Les essais les plus importants font l’objet d’articles séparés :
*
Le massacre des innocents et
Lettre à un képi blanc
Le chien du brigadier
Bernard Clavel est un amoureux des chiens. Il écrira pour la jeunesse un recueil
Histoire de chiens puis
Le Chien des Laurentides, un pauvre chien vagabond trempé par l'orage qui recherche un ami ou une amie, dans son roman
Le Tonnerre de Dieu,
Brassac au cours de ses virées à Lyon ramènera chez lui cinq chiens et il inscrira cette citation de
Jules Renard éclairante de sa pensée, au début de ce livre
Le chien du brigadier : «
Plus je connais les hommes, plus j'aime mon chien ».
Paroles de paix
Bernard Clavel fait précéder son ouvrage de cette citation tirée du philosophe
Spinoza, qu'il considère comme son credo : «
La paix n'est pas l'absence de la guerre, mais une vertu qui naît de la force de l'âme. »
Colombe de la paix
Il poursuit la présentation de ce livre où il a consciencieusement recueilli des
paroles de paix, celles qui l'ont le plus touché, tout en se demandant s'il n'est pas un rêveur, un utopiste quand l'humanité «
risque de se perdre »
entraînée par la folie de quelques uns et l'impuissance de la plupart
des hommes politiques et s'il n'est pas dérisoire d'entreprendre ce
travail.
Mais il continue pourtant, en appelle encore une fois à son maître
Romain Rolland :
« Durant
cette quête, les plus grands pacifistes que j'ai eu le privilège de
fréquenter n'ont cessé de m'accompagner. Ce matin encore, ils sont tous
là, ombres fraternelles, grandes voix qui me répètent avec Romain Rolland que, quelles que soient les circonstances, c'est toujours Au-dessus de la mêlée
que l'homme doit tenter de se hisser. [...] Il semble qu'à certains, le
mot 'paix' fasse peur. il est pourtant le seul que l'on devrait écrire
au fronton des édifices où l'on enseigne.
»
La peur et la honte
Déjà dans son roman
Les Grands Malheurs écrit à la même époque
[14] Bernard Clavel note : «
6 février 2002 : Je suis un vieil homme habité par la guerre, la garce me poursuit où que j’aille et quoi que je fasse. » Et il ajoute «
10 avril 2003 : Je suis aujourd’hui un vieil homme habité par la peur. » Voilà le mot
peur lâché, le sentiment amer de cette bête immonde qui le poursuit comme si elle était enragée.
Il a une pensée particulière pour «
ceux qui vivaient à l’ombre du ginkgo biloba d’Hiroshima jusqu’au 6 août 1945 ».
C’est ce dernier cri, mêlé de honte pour la civilisation occidentale
auteur de ce forfait, qu’il va reprendre dans cet avant-propos qu’il a
intitulé
La Peur et la Honte, introduction au livre de l’écrivain japonais
Keiji Nakazawa J’avais six ans à Hiroshima le 6 août 1945, 8 h 15.

"Champignon" atomique
C'est effectivement le 6 août 1945, à 8 h 15 du matin, comme l'indique
Nakazawa dans le titre de son livre, qu'apparaît dans le ciel d
'Hiroshima
une gigantesque boule de feu à quelque cinq cents mètres d'altitude et
que le monde entre dans l'ère nucléaire. Rien jamais, ne sera plus comme
avant. Ce jour ouvre une nouvelle donne fondamentale dans les arcanes
de la géopolitique, prologue d'une menace planétaire létale.
C'est cette vision rehaussée par le témoignage impitoyable de
Nakazawa, que
Bernard Clavel trouve insupportable et qu'il combat encore avec une vigueur renouvelée car il est un homme dit-il «
qui croit invinciblement que la science et la paix triompheront de l’ignorance et de la guerre. »
[15]
Optimisme mesurée par la réalité du court terme. Description
d'apocalypse appuyée par des photos saisissantes comme seules des photos
peuvent rendre la réalité et le témoignage passionné de
Bernard Clavel qui écrit en militant pacifiste qu'il est :
« C'est le germe de la guerre qu'il faudrait extraire du cœur de l'homme.
»
Notes et références
[1] On peut citer : Le Vieux Lyon est-il menacé ?, L'école lyonnaise de peinture, Le grand art de la soie...
[2] Par exemple, La table au pays d 'Henri Maire ou Franche-Comté Champagne Ardenne, La France et ses Trésors
[3]Voir L'Affaire Deveaux, article de Bernard Clavel, Édition Publication Première, collection Édition Spéciale, 265 pages, 1969
[4]Mourir pour Dacca, Claude Mossé, préface de Bernard Clavel, Paris, Robert Laffont, in-8 broché, 220 pages, 1972
[5] Écrits,
Louis Lecoin, extraits de 'Liberté' et de 'Défense de l'homme',
préfaces de Bernard Clavel et de Robert Proix, Union Pacifiste (UPF),
255 pages, 1974, Revue Liberté de Louis Lecoin, articles de Bernard
Clavel sur le pacifisme et l’objection de conscience
[6] Voir son livre de souvenirs centré sur son enfance Les petits bonheurs
[7] On pourrait même remonter jusqu'à Pirates du Rhône où la jeune Marthe, la fiancée de Gilbert, meurt à cause des gendarmes
[8] Cette
dénonciation de l'abus de pouvoir est reprise dans Le Royaume du nord
(Amarok et Maudits sauvages) ainsi que dans Cargo pour l'enfer
[9] C'est avec Georges Renoy que Bernard Clavel écrivit son récit Terres de mémoire, Georges Renoy étant l'auteur de la seconde partie
[10] Bonlieu ou le Silence des nymphes, dessins de J.-F. Reymond, Éditions H.-R. Dufour, Lausanne, 1973
[11] Une adaptation télé en a été faite en 1980 par Franck Apprederis avec Jacques Dufilho, Jacques Rispal...
[12] En même temps, il rappelle par cette évocation la profonde admiration qu'il portait à Romain Rolland
[13] Voir en particulier Légendes des lacs et des rivières, Légendes des montagnes et des forêts, Légendes de la mer, Légendes du Léman
[14] Il termine Les Grands Malheurs dans sa maison de La Courbatière le 29 octobre 2005
[15] Citation
de Louis Pasteur, un homme qu'il connaît bien quand son père l'emmenait
visiter religieusement sa maison à Dole et qu'il a placée en exergue
dans Les Grands Malheurs
Bibliographie
-
Principaux récits et essais
- Essais :
- Récits et nouvelles :
- L'espion aux yeux verts
- Victoire au Mans
- La bourrelle --- L'iroquoise --- Tiennot
- L'Homme du Labrador
- Histoire et géographie « sentimentales »
1969 L’Espion aux yeux verts, Robert Laffont,
- 1979 L’Iroquoise, L'instant romanesque, Éditions Balland,
- 1980 La Bourrelle, Éditions Balland,
- 1997 Gandhi l'insurgé : l'épopée de la marche du sel, Jean-Marie Muller, préface de Bernard Clavel, Éditions Albin Michel, (ISBN 2-226-09408-3)
- 2005 Le chien du brigadier, Sélection Du Reader's Digest, collection 50 Ans Sélection du Livre, 61 pages, 04/2005, (ISBN 2709816679)
- 1970 Le massacre des innocents, Éditions Robert Laffont,
- 1975 Lettre à un képi blanc, Éditions Robert Laffont
- 1979 Le Rhône ou les métamorphoses d’un Dieu, Éditions Hachette Littérature, photos Yves-André David,
- 1984 repris sous le titre Je te cherche vieux Rhône, Éditions Actes Sud, 02/1984, couverture Christine Le Bœuf, (ISBN 2-7427-2688-8), réédité en avril 2000
- 1981 Terres de mémoire, le Jura, de Bernard Clavel, Georges
Renoy, et Jean-Marie Curien, Éditions Jean-Pierre Delarge, réédité en
1989, Éditions universitaires, (ISBN 2711302024)
- 2003 Paroles de paix, texte de Bernard Clavel, illustrations de Michele Ferri, Éditions Albin Michel, 01/2003, 64 pages, (ISBN 2226129235)
- 2005 J'avais six ans à Hiroshima. Le 6 août 1945, 8h15, Nakazawa Keiji, précédé de La peur et la honte de Bernard Clavel,
Éditions Le Cherche-Midi, 2005, 169 pages, (ISBN 2749104165)
- Les Grands Malheurs, Éditeur France Loisirs, 462 pages, 2005, (ISBN 2-7441-8462-4)
Voir aussi
<<< Christian Broussas - Clavel Récits & Essais - 10/2013 << © • >>>
<<< Récits & Essais - 1MAJ 30 octobre 2014