jeudi 21 novembre 2013

Bernard Clavel Approche biographique


tumb Bernard Clavel et sa femme Josette Pratte
 
Bernard Clavel, né le 29 mai 1923 à Lons-le-Saunier et mort le 5 octobre 2010 à La Motte-Servolex, [1] est connu surtout comme romancier mais il a aussi écrit des récits et des essais ainsi que de nombreux contes et nouvelles pour la jeunesse. Il repose dans le petit village de Frontenay dans le Jura, situé au nord de Lons-le-Saunier, sa ville natale.

Né dans une famille modeste, il devient apprenti pâtissier à 14 ans, exerce de nombreux métiers avant de travailler au journal le Progrès de Lyon dans les années 1950, tout en pratiquant la peinture puis l'écriture, 'faisant ses classes' durant plusieurs années avant d'acquérir une certaine célébrité. Il s'est largement inspiré de sa jeunesse pour écrire sa première série romanesque en 4 volumes "La Grande patience" entre 1962 et 1968, dont le dernier tome intitulé "Les Fruits de l'hiver" lui valut de recevoir le prix Goncourt en 1968.
 
Son premier roman L'Ouvrier de la nuit, publié en 1956, marque le début de sa production littéraire, une bonne centaine de titres si l'on inclut ses œuvres pour la jeunesse ainsi que ses sagas romanesques qui ont rencontré un grand succès comme, outre La Grande Patience (4 volumes - 1962-63 et 68), Les Colonnes du ciel (5 volumes - 1976/1981) et Le Royaume du Nord (6 volumes 1983/1989). [2]
 
Associant l'enracinement régional (essentiellement, sa Franche-Comté natale, Lyon et le Rhône ainsi que le Québec, pays natal de sa femme Josette Pratte) et l'évocation historique (conquête de la Franche-Comté au XVIIè siècle, la vie des Canuts et des mariniers du Rhône au XIXè siècle, la guerre de 1914-1918, l'implantation française au Canada …, Bernard Clavel n'a jamais oublié ses racines et défend des valeurs humanistes, mettant en scène des destins individuels et collectifs, souvent confrontés aux difficultés et au malheur. Son sens de la nature et de l'humain, sa mise en question de la violence et de la guerre et son souci de réalisme expliquent sans doute qu'il ait été largement récompensé par de nombreux prix littéraires.
 
tumb    tumb

Notes et références
[1] Voir les sites TF1, Fce info et Le Dauphiné Libéré du 6 octobre 2010, édition de Chambéry, p. 36
[2] Bibliographie de Bernard Clavel

Voir aussi mes deux fichiers :
Clavel à Courmangoux par C. Broussas
- Bernard Clavel entre Lyon et Vernaison  
 
tumb
Cimetière de Frontenay, Jura
<<< Christian Broussas – Feyzin, Clavel, bio -  5 août 2012 <<< © • cjb • © >>> 
 
 

mardi 5 novembre 2013

Hommage à Bernard Clavel, Frontenay, 2013

                            Les tilleuls de Frontenay

                         

Il n’était pas « l’homme qui marchait dans sa tête »   
Lui qui a sillonné ses « terres de mémoire »                
Dans tous les sens, jouant les « hercules de foire »     
Dans sa jeunesse, avait oublié la fête.                          

Lui « écrivait dans sa tête » comme il disait,              
Des images qui naissaient et qui lui venaient              
Quand, perdu dans la solitude, il écrivait                    
Toujours concentré, quand le silence régnait ;                   
Mais depuis lors, tous les mots se prenaient au piège,
S’effaçaient à jamais comme « un écrit sur la neige »

Il a su peindre ce tragique de la vie                            
Qui très souvent accompagne ses personnages           
Dans le modelé précis qui ponctue ses pages            
Ciselées avec une patience infinie,                           
Qui disaient la suprématie de l’amitié                       
Sur les vils calculs et les ravages du fric,                             
Qui disaient la victoire de la volonté                            
Sur le destin et son implacable logique.                       

Après Les Grands Malheurs, son testament littéraire,
Il vécut alors « son grand malheur » sur cette terre     
Lui, l’artisan qui sentait les mots sur le papier,            
Qui portait  si haut la grandeur de son métier,             
Lui, le grand costaud, cette force de la nature             
Vaincue finalement par l’impitoyable usure. 
               
Il aurait bien sûr préféré finir en beauté,                                   
Être encore et toujours celui qu’il avait été,               
Luttant avec ses héros contre les éléments          
Rejoignant l’humaine nature au « cœur des vivants »,
Lui qui dort si près des grands tilleuls de Frontenay
Coiffant le cimetière de leur haute futaie.

         
                                Les tilleuls de Frontenay où est enterré Clavel
     ◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊

 <<<< Christian Broussas, Feyzin, Novembre 2013 © • cjb • © >>>>